Actualités

24 Juin 2019 - Quand Le Point grignote la rigueur et la déontologie journalistiques

Restauration scolaire – Le magazine essaie de faire passer pour atteinte à la laïcité… une pratique courante, légale, encadrée et prévue par le « Vade Mecum de la laïcité » mis en place par l’actuel ministre de l’Éducation nationale.

(suite…)

19 Mai 2019 - Loi Blanquer : l’amendement anti-laïque et raciste du Sénat doit être supprimé

Le 15 mai 2019, le sénat a adopté un amendement qui  « interdit le port du voile dans les sorties scolaires » pour les mères accompagnatrices. Cet amendement est anti-laïque et raciste.

Mercredi 15 mai 2019, le groupe Les Républicains (LR) du Sénat a diffusé un communiqué de presse où il se réjouit d’avoir fait adopter un amendement à la loi École de la Confiance qui « interdit le port du voile dans les sorties scolaires ». « En effet, précise le communiqué, les personnes qui participent à des sorties scolaires doivent faire preuve de neutralité dans l’expression de leurs convictions, notamment religieuses. »

Ce communiqué vise une population particulière, les femmes musulmanes. Il éclaire les intentions réelles, déjà bien perceptibles, de l’amendement. En effet, celui-ci ne cite pas le seul port du voile comme motif d’interdiction d’accompagner une sortie scolaire. Ce serait annulé par le Conseil constitutionnel.

L’amendement n°100 propose d’étendre le texte de la loi de 2004 tel qu’il a été retranscrit dans le Code de l’éducation en y ajoutant les précisions suivantes : « Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, et lors des sorties scolaires organisées par ces établissements, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves ou les personnes concourant au service public de l’éducation manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. »

L’exposé des motifs invoque un « vide juridique ». Or, comme nous l’avons rappelé avec une vidéo réalisée en partenariat avec le CCIF et dans le dossier d’accompagnement, le cadrage juridique, fruit d’une histoire et jurisprudence certes complexes, n’en est pas moins très clair :

https://www.youtube.com/watch?v=9hbey6FvNrA&feature=youtu.be

L’exposé des motifs indique que l’école publique « doit demeurer un espace où aucun signe religieux ostentatoire ne doit être exposé aux élèves. » Or, l’interdiction du port « ostentatoire », c’est-à-dire qui s’accompagne d’un comportement attentatoire aux libertés ou perturbant le fonctionnement du service, est déjà prévue par le droit actuel : c’est la doctrine du Conseil d’état dans son étude de 2013, notamment dans sa section 3.2.3.

Une telle confusion témoigne de l’amateurisme juridique de ces responsables politiques, et de leur visée purement idéologique, discriminatoire et raciste. Il n’y a pas vide juridique. Il y a un cadre juridique qui permet de sanctionner les interdictions arbitraires. Comme pour la loi de 2004, des élu-es essaient de faire passer des recours contentieux contre des décisions administratives pour un « vide juridique ».

Or, il convient de rappeler deux points élémentaires à nos parlementaires soucieux de séparation des pouvoirs. Premièrement, le recours contentieux, qu’il soit fondé ou non, est un droit. Un recours ne signifie pas nécessairement qu’il existe un vide juridique autour de son champ d’application. Cela signifie simplement qu’il existe un différend entre une administration et des usager.es du service public, différend qui peut être tranché en fonction du droit existant, sans qu’il y ait besoin de le régler par la loi.

Deuxièmement, si les recours se multiplient aujourd’hui c’est parce que, comme pour la loi de 2004, l’administration n’applique pas le droit en vigueur, qui dispose que rien n’interdit aux parents portant un signe religieux ostensible d’accompagner une sortie scolaire. Dans la mesure où les décisions administratives illégales se multiplient, il est normal que les usagers multiplient eux aussi les recours devant les tribunaux pour faire respecter leur droit. Ce sont donc les décisions illégales de l’administration qui sont ici responsables de l’augmentation du nombre de contentieux et non un quelconque « vide juridique ».

Bien qu’il ait émis un avis défavorable à l’amendement, le ministre Jean-Marie Blanquer a une responsabilité écrasante dans l’affaire. En effet, depuis le début de son mandat, il affirme publiquement que le droit actuel n’est pas satisfaisant.

Syndicats et associations de parents combattent la loi Blanquer dans son ensemble car elle va servir à réduire les moyens et aggraver les inégalités déjà criantes. Le texte rognait déjà sur la laïcité et la défense de l’école publique en étendant l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans, et en obligeant ainsi les communes à financer les écoles maternelles privées – ce qu’elles feront le plus souvent en réduisant les subventions à l’enseignement public.

Et pendant que les sénateur-rices LR et leurs allié-es excluent et stigmatisent des femmes musulmanes en instrumentalisant la laïcité, les atteintes réelles à la neutralité à l’école ne sont jamais abordées – par exemple l’intrusion de plus en plus forte des entreprises, donc la publicité qu’on leur fournit auprès des plus jeunes, dans les projets pédagogiques, y compris les sorties scolaires.

Nous appelons à relayer les réactions des premières concernées contre cet amendement : par exemple celles du Front de mère, de l’association Lallab ou du CCIF qui appelle à une action sur les parlementaires.

16 Juil 2018 - Des réponses pratiques au hors-série « Laïcité » de Charlie Hebdo

Charlie Hebdo a diffusé en avril 2018 un hors-série intitulé « Profs. Les sacrifiés de la laïcité ». Le numéro repose sur un appel à témoignages lancé par le magazine. Soixante d’entre eux sont publiés de façon anonyme, sans mise en perspective, à peine catégorisés, sans argumentation sur le choix et la sélection.

Dans leurs anecdotes, les auteur-es ont mis en avant ce qu’ils ou elles considèrent être des atteintes à la laïcité au sein de l’école, ou, comme l’explique Gérard Biard dans l’éditorial, des atteintes « à sa mission d’apprentissage de la vie et de la citoyenneté. »

L’absence de hiérarchisation des problèmes rapportés entretient un registre anxiogène propre aux discours déclinistes et réactionnaires. La section intitulée « Tout est foutu ou presque » contient deux anecdotes dédiées à des questions de tout petits sur… des bonbons au goûter. Un même témoignage peut enchainer de simples perturbations de classe (un chahut quand il est question de porc en cours de langue) et des propos d’élèves pouvant relever de l’apologie du terrorisme.

Beaucoup de ces anecdotes n’ont pas été vérifiées. Des accusations graves sont ainsi portées à longueur de page contre l’institution ou des professeur-es, sans aucun approfondissement ou enquête possibles. Des récits relaient des idées fausses sur la laïcité ou les religions. C’est ainsi que l’hebdomadaire satirique publie pages 13 et 14 un témoignage d’un collègue qui se trompe sur le calcul des dates des fêtes musulmanes. Ce professeur s’offusque que des élèves demandent à s’absenter un jour d’examen coïncidant avec l’Aïd. Or c’est un droit que leur garantit la circulaire d’application de loi de 2004.

Une enseignante regrette page 8 du magazine l’absence de formation ou de ressources institutionnelles pour assurer l’enseignement moral et civique (EMC). Or c’est un des thèmes qui est le plus traité dans les plans de formation et les sites institutionnels regorgent de documentations et d’idées d’activités sur le sujet. Certains témoignages ne reposent que sur des fantasmes. C’est le cas d’une anecdote livrée par une collègue stagiaire en maternelle, à qui une enseignante aurait dit en formation qu’elle avait eu de la chance de ne pas avoir de parents musulmans pour se plaindre d’avoir lu les Trois petits cochons à sa classe.

Le choix éditorial opéré par Charlie Hebdo ne peut donner qu’une vision tronquée et biaisée de la façon dont le principe de laïcité se vit à l’école aujourd’hui.

C’est parfois une vision raciste qui est relayée, en contradiction avec les valeurs défendues dans l’éditorial ou par certains témoignages. On peut ainsi lire page 31 un collègue faire des musulman-es des citoyen-nes étranger-es qui « n’accepteront jamais la nourriture de leur pays d’accueil, et passeront leur vie dans leur bulle musulmane. » Quelques pages plus tôt, un enseignant s’offusque que ses élèves se définissent comme « musulman-es » et non comme français-es. Mais comment s’en étonner quand Charlie Hebdo relaie lui-même cette idée ?

Plusieurs anecdotes renvoient à une vision raciste, comme un témoignage sur des élèves rroms accusés d’être privilégiés par les collègues et l’institution en raison de leur origine, alors que l’ONU comme le Défenseur des droits ont montré à quel point les rroms étaient rejetés de l’école. C’est encore le cas d’un témoignage qui pose les jeunes musulmans comme responsables des incendies de voitures.

Au-delà de ce racisme que le magazine n’a aucun scrupule à relayer, les témoignages sont bien souvent marqués par un discours à la fois décliniste (sur la perte des valeurs et la perte d’autorité de l’école) et réactionnaire, associant pédagogie et démagogie. Est-ce la nouvelle ligne éditoriale de Charlie Hebdo ? Tout cela n’est-il pas bien éloigné des idéaux libertaires dont ce journal se voulait être l’un des porte-paroles?

Non seulement la rédaction a choisi de ne pas vérifier les témoignages, de ne pas les confronter, de ne pas filtrer les jugements racistes, mais elle a laissé les collègues sans réponse pratique ou presque, les abandonnant à leur désarroi. Une très brève section met en avant des actions positives, un témoignage final d’une association évoque des interventions fructueuses auprès d’élèves, mais ces passages ne répondent pas au gros des problèmes posés dans le reste du numéro.

Nous avons comblé cette lacune en apportant à une vingtaine d’anecdotes une réponse pratique aussi circonstanciée que le permettent le choix de l’anonymat et l’absence de travail journalistique sur ces récits. Enseignant-es de l’éducation prioritaire, nous avons fondé le Cercle des enseignant-es laïques afin de fournir les ressources nécessaires pour vivre et enseigner une laïcité apaisée.

Nous avons repris la méthode initiée dans la partie « Pratiques » de notre Petit manuel pour une laïcité apaisée (co-écrit avec Jean Baubérot et sorti en 2016 aux éditions La Découverte) : rappeler le cadrage institutionnel, donner des pistes pour anticiper le problème, dédramatiser la situation (par exemple en montrant quand c’est le cas qu’elle n’est pas spécifiquement liée à la laïcité, mais à un problème plus général de l’école) et proposer des solutions pratiques.

Charlie Hebdo fait le choix de laisser des enseignant-es soitdans l’erreur, même quand leur vision faussée de la laïcité les amène à des discours racistes ; soitsans réponse face à des situations qui les stressent. Nous choisissons d’apporter des réponses simples, basées sur le cadre juridique et institutionnel précis, ainsi que sur notre expérience.

En apaisant les débats sur la laïcité, nous entendons permettre que soient posés les enjeux prioritaires de l’école, à commencer par la baisse des moyens, les inégalités ancrées dans le système scolaire ou l’impossibilité d’avoir des débats sereins sur la pédagogie. Autant de priorités masquées par une vision falsifiée et anxiogène de la laïcité, qu’il est temps de dépasser.

 

30 Avr 2018 - Edito #2 La dictature apaisée, un nouveau concept libertaire, en avant-première dans Charlie Hebdo

Charlie Hebdo sort un hors-série sur la laïcité à l’école, destiné à nous faire croire que les élèves, surtout les noir-es, les arabes, les musulman-es, sont des dangers pour les profs et l’institution scolaire.

6a011570821e68970b0133f5601ddb970b-640wi

Des dizaines de témoignages anonymisés, soi-disant pour protéger les profs, sont publiés, hors de tout contexte. Des questions légitimes d’enfants sont traitées comme des refus de cours émanant de futurs terroristes. Aucun recul critique n’est pris pour asseoir ces témoignages dans leur cadre social, le manque de formation des profs, les injonctions contradictoires sur la laïcité, le manque de moyens. Une page de caricatures de Riss sur la laïcité apaisée, transformant les élèves en tortionnaires motivé-es par la religion, complète le tableau.

Charlie Hebdo pense que la laïcité telle qu’elle est appliquée aujourd’hui est trop apaisée, et qu’il faudrait restreindre davantage la liberté des élèves pour résoudre les difficultés de l’école aujourd’hui. De cette laïcité apaisée – qui n’est en fait que l’application des principes historiques et juridiques – viendraient le harcèlement scolaire, la violence, le carriérisme, les lgbt-phobies, le sexisme, la violence patriarcale et l’ignorance. Les élèves seraient seul-es responsables de cette violence et ne la subiraient pas de l’institution, n’en verraient pas d’exemple chez les adultes.

Nous pensons que dans une société démocratique, la liberté d’expression et la liberté de conscience sont des droits inaliénables. Nous ne pensons pas que c’est le trop plein de liberté qui amène aux dominations et à la violence. Nous pensons que tou-te-s les croyant-es ne défendent pas le patriarcat, l’ignorance, et l’homophobie. Nous pensons que certain-es athées sont machistes, homophobes, bêtes et violent-es. Nous pensons qu’il est indispensable d’écouter les représentations des élèves, toutes les représentations. Nous pensons que ce n’est pas une simple application d’une laïcité apaisée, mais une nécessité épistémologique et pédagogique, même et surtout quand des croyances parasitent l’acquisition des savoirs : comme faire acquérir des connaissances et des savoir-faire aux élèves si on ne sait pas ce qui, dans leur représentation, les gêne ? Nous pensons que ce respect des convictions des élèves et ce travail de déconnexion des savoirs et des croyances, recommandés dès la création de l’école laïque à la fin du XIXème siècle, peuvent se faire dans le respect des élèves.

Mais nous ne sommes pas assez naïf-ves pour penser que cela résoudra toutes les difficultés auxquelles est confrontée l’école aujourd’hui. Contrairement à Charlie Hebdo, qui pense que c’est en demandant aux élèves de fermer leur gueule qu’on lèvera tous les problèmes et les inégalités scolaires.

17 Jan 2018 - Édito #1

À plusieurs reprises ces dernières semaines, Emmanuel Macron est intervenu pour défendre une vision de la laïcité respectueuse de ses fondements historique et philosophique, notamment de la liberté de conscience. Les actes du gouvernement démentent pourtant ses propos.

Le 7 décembre dernier, le premier ministre transférait par arrêté dix millions du budget de l’école publique au privé. Dans la foulée, Jean-Michel Blanquer annonçait deux jours plus tard, à l’occasion de l’anniversaire de la loi de 1905, la création d’ « unités laïcité » et prenait positon, au mépris du droit, contre la présence de mères portant le voile lors des sorties scolaires.

Ces contradictions entre la parole présidentielle et les actes du gouvernement ne sont pas de nature à faciliter la pratique et l’enseignement de la laïcité en classe. Dans les jours qui ont suivi l’annonce du ministre de l’Éducation nationale, se multipliaient les interventions militant pour l’exclusion des mères portant le voile en sorties scolaire, qui confirmaient le diagnostic que nous portions dans le Petit manuel pour une laïcité apaisée : les débats actuels mélangent le cadre juridique positif de la laïcité, son histoire et les diverses opinions que chacun-e d’entre nous peut avoir.

Dans la continuité du Petit manuel, nous lançons ce site qui mutualisera analyses et ressources pour faire vivre et enseigner la laïcité en classe de façon apaisée. En collaboration avec le CCIF, nous avons réalisé une première vidéo qui rappelle le cadre juridique de référence concernant les sorties scolaires. Cette ressource s’adresse aux parents et personnels, mais aussi aux enfants et adolescent-es, par exemple en tant que support d’une séance ou d’un débat sur la laïcité. Des propositions d’exploitation pédagogiques seront disponibles très rapidement.

Dans les prochains jours, nous proposerons un dossier concernant la laïcité et l’enseignement des sciences, avec une analyse des offensives créationnistes sur l’école, une étude des enjeux épistémologiques et pédagogiques de la distinction entre savoir et croire, qui est au cœur des recommandations, ainsi que des séances pédagogiques interdisciplinaires sur le sujet.

Nous espérons ainsi répondre aux besoins des collègues, des familles et des élèves en proposant matière à débat et contenu pédagogique pour faire vivre et enseigner la laïcité.

2 Jan 2018 - La laïcité n’est pas une religion d’État

Mercredi 17 janvier à 19 h au Lieu-Dit à Paris

Soirée-débat et lancement de notre site

Le Cercle des enseignant-es laïques (CEL) est heureux de vous présenter son site internet rassemblant analyses et ressources pédagogiques sur la laïcité à l’école. Ce nouvel outil s’inscrit dans la continuité du Petit manuel pour une laïcité apaisée (La Découverte, 2016) co-écrit avec Jean Baubérot.

Ce site sera présenté lors d’une soirée de lancement le

Mercredi 17 janvier au Lieu-Dit à 19 h

6 rue du Sorbier

75020 Paris

M° Ménilmontant ou Gambetta

La présentation du site sera précédée d’un débat «  Où en est la liberté de conscience à l’école ? » avec :

– Fatima Ouassak, du Front de mères

– Françoise Lorcerie , directrice de recherche émérite au CNRS

– Lila Charef, directrice exécutive du CCIF

– Un-e représentante de Mediapart

26 Déc 2017 - La laïcité à l’école bradée pour dix millions d’euros

Le gouvernement vient de prendre dix millions d’euros à l’école publique pour les donner à l’enseignement privé, en majorité confessionnelle. Pourquoi aucun débat public n’a-t-il lieu sur cette disposition ? Quel sens ont les annonces du ministre de l’éducation au sujet de la laïcité alors que le gouvernement la brade en catimini?

Le 7 décembre dernier, un arrêté (voir à ce lien), signé par le premier ministre Édouard Philippe et le ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin, annonce un virement de crédits. Vingt millions d’euros d’engagement sont annulés sur la dotation de l’enseignement public du second degré. Sur cette somme, dix millions sont reversés à l’enseignement privé du premier et du second degré.

L’école publique serait-elle si riche qu’il faille à nouveau rogner sur le principe de séparation des églises et de l’État pour qu’on finance ainsi l’enseignement confessionnel ? La réalité est que, même quand les budgets ont comptablement augmenté lors de la dernière décennie, les hausses n’ont jamais couvert l’augmentation démographique. Les réformes (rythmes scolaires, collèges, enseignement prioritaire, lycées…) se sont faites dans le meilleur des cas à moyens constants, la plupart du temps en baissant les moyens.

Passée sous silence par celles et ceux qui défendent une vision dévoyée de la laïcité exclusivement tournée contre l’islam et les usager-es des services publics assigné-es à cette religion, la question des financements publics de l’école privée est pourtant cruciale. Directement liée a à la défense de la laïcité mise à mal par le gouvernement, elle pose immédiatement l’enjeu de l’égalité. Non pas de cette égalité toute abstraite, qu’on invoque en bombant le torse sur un plateau télévisé. Mais bien une égalité concrète, qui se défend, se vit et se pratique au quotidien.

L’école de la République est l’école des inégalités. La Cour des comptes l’a documenté en 2012. En 2015, le défenseur des Droits, saisi par des parents d’élèves de Saint-Denis, a décrit « une rupture du principe (…) d’égalité des usagers devant le service public. » Postes non pourvus, professeur-es non remplacé-es, locaux et matériels vétustes, sureffectifs dans les classes, surveillant-es et agent-es d’entretien en moins, obligations de la médecine scolaire non remplies : dans les territoires abandonnés par la République où nous enseignons, nous ne considérons pas que dix millions d’euros soient un luxe. Surtout s’il s’agit de les reverser à des écoles privées en majorité catholiques qui font payer les familles pour garantir le droit à la scolarité.

La question du financement de l’école privée ne se limite pas à l’État. Il est temps d’avoir un débat national sur les subventions apportées par les collectivités territoriales à l’enseignement confessionnel ou assimilé. Issu de la mouvance de la Manif pour tous, cautionné par Emmanuel Macron qui s’est affiché à ses côtés lors de la présidentielle, ou par le ministre Jean-Michel Blanquer qui avait participé à un de ses colloques en 2016, le réseau Espérance Banlieue est un bon exemple des atteintes à la laïcité dont se rendent responsables les élu-es de ces collectivités. Le conseil régional, d’Ile-de-France présidé par Valérie Pécresse, lui a attribué une subvention de 50 000 euros, alors même qu’il supprime de nombreux postes d’agents d’entretiens dans les lycées publics de la région parisienne, notamment dans le 93 ; en Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez a versé 260 000 euros à cette structure sous influence du catholicisme le plus réactionnaire et au cœur de nombreuses polémiques sur le traitement des enfants et la piètre qualité des enseignements (voir un article de synthèse à ce lien).

Comment peut-on se réclamer des combats laïques et passer sous silence les détournements de l’argent public dont se rendent responsables ces élu-es et le gouvernement ? Face à l’urgence d’un tel débat, le ministre s’est contenté de faire diversion. A quoi bon des « unités laïcité » quand il existe déjà des « référentEs laïcité » ? Quel sens cette mesure a-t-elle quand la politique budgétaire est antilaïque ?

L’autre annonce a concerné les sorties scolaires. Et les propos du ministre, favorable à l’exclusion des mères portant un voile, n’ont pas manqué de réveiller les habituel-les polémistes islamophobes, de l’extrême-droite ou de groupes dits « républicains », qui contribuent, depuis deux décennies, à masquer les inégalités structurelles au sein de l’école, à empêcher tout débat public sur les atteintes réelles à la laïcité – comme l’est le décret du 7 décembre – tout en stigmatisant des mères d’élèves soucieuses de la scolarité de leurs enfants et engagées dans une relation constructive avec l’école de la République. Nous appelons médias, intellectuel-les, professionnel-les de l’éducation et responsables politiques à en finir avec cette fausse laïcité, qui n’est qu’un masque d’un racisme profond dont nous devons toutes et tous prendre la mesure pour le combattre. Nous appelons aussi à un débat centré sur les questions prioritaires de l’école : celle des moyens, des inégalités structurelles de l’école et du financement public de l’école privée.

Anaïs Flores, Paul Guillibert, Jérôme Martin et Florine Leplâtre sont des enseignant-es membres du Cercle des enseignant-es laïques et co-auteur-es du Petit manuel pour une laïcité apaisée (Editions La Découverte ; 2016).

[Tribune initialement parue sur Mediapart le 26 décembre 2017]

Image : Par Original téléversé par Airodyssey sur Wikipedia anglais. I, Trojan, have uploaded this version. Later versions were uploaded by Tsuite at en.wikipedia. Wikimedia Commons

15 Sep 2017 - Quand un principal de collège fait du respect de la laïcité un signe d’ «islamisme»

Le principal de collège à la retraite Bernard Ravet sort un livre, Principal de collège ou imam de la République ? Il entend alerter sur l’emprise croissante que prendrait un certain islam sur l’école de la Répulique, notamment dans les zones d’éducation prioritaire. Mise au point sur des propos peu respectueux de la laïcité.

Le principal de collège à la retraite Bernard Ravet sort un livre, Principal de collège ou imam de la République ? Il entend alerter sur l’emprise croissante que prendrait un certain islam sur l’école de la Répulique, notamment dans les zones d’éducation prioritaire. La journal La Provence publie un entretien avec ce fonctionnaire à la retraite. Après avoir reconnu que le problème central des établissements qu’il a connus est l’inégalité sociale – ce que nous soutenons nous-mêmes et qu’il réaffirmera ensuite, l’ancien principal enchaine approximations, erreurs et détournements de la laïcité, que nous entendons corriger :

– Interrogé sur la « poussée de l’islam dans les collèges », Bernard Ravet explique qu’ « on se retrouve dans une situation comme avant 1905 où l’école devait affirmer sa laïcité ». Or, l’école républicaine avait déjà « affirmé sa laïcité » deux décennies plus tôt. La loi de 1882 avec rendu l’instruction obligatoire et mis fin à l’enseignement religieux dans les établissements. La loi Goblet de 1886 avait laïcisé le personnel de l’Éducation nationale. La loi de 1905 ne fait que poursuivre la laïcisation de la société en mettant fin au régime des cultes reconnus. Par ailleurs, comparer avec l’islam d’aujourd’hui la place et le pouvoir qu’avaient au début du vingtième siècle l’Église catholique et son clergé centralisé, mériterait un peu plus que deux phrases expéditives pour pouvoir convaincre.

– Interrogé sur les signes qui laissent apercevoir une poussée de l’islamisme au collège, Bernad Ravet répond : « Le premier peut être de voir le nombre croissant de gamines arrivant avec un voile sur la tête qu’elles retirent avant de pénétrer dans l’établissement. C’est aussi, en période de ramadan, le nombre d’enfants qui ne mangent plus à la cantine. Et, d’une manière plus générale, tous ces enfants qui refusent de manger parce que la viande n’est pas abattue rituellement. »

Or des « gamines » portant le voile et le retirant avant de pénéter dans l’établissement ne font que respecter le cadre laïque actuel. La loi de 1905 assure la liberté de conscience et n’interdit pas qu’on pratique sa foi de façon visible dans l’espace public. Ces enfants ont donc le droit de porter le voile dans la rue. La loi de 2004 interdit dans l’enceinte scolaire le port de signe par lequel un-e élève pourrait manifester ostensiblement sa religion, et ces élèves ont donc le devoir de retirer leur voile avant de rentrer.

De même, le repect de la liberté de conscience qui est au coeur des lois laïques doit amener à respecter les choix des élèves – par exemple jeûner pendant le ramadan – tant que cela ne perturbe pas le fonctionnement de l’institution.

Enfin, s’il n’est pas laïque de proposer dans les cantines scolaires de la nourriture consacrée et si des choix de menu ne sont pas une obligation légale des collectivités en charge des cantines, l’institution1 recommande des menus de substitution pouvant inclure oeufs, poissons, protéines végétales, notamment pour éviter de manger du porc. Ces menus de substitution, proposés à tous-tes les élèves, recommandés dans le cas du porc et de plus en plus étendus à d’autres situations, permettent aussi de régler la question de la viande consacrée ou les choix végétariens de certaines familles. Que ce chef d’établissement n’ait pas voulu suivre ces recommandations – rien en effet ne l’y oblige – ne signifie pas que ses élèves soient « islamistes » – le principal ni le journaliste ne définiront jamais ce terme.

– Interrogé sur les tensions entre enfants de confessions différentes, Bernard Ravet explique qu’il n’y en a pas. D’une part car les « enfants issus de familles de culture chrétienne » iraient dans le privé. D’autre part car des élèves d’un des collèges où il a exercé ont dit à RFI que « s’il y a [des enfants juifs], ils se cachent ».

Bernard Ravet dispose-t-il d’un fichier d’enfants juif-ves et chrétien-nes, pardon « issus de familles de culture chrétienne » – on attend une définition – pour pourvoir affirmer qu’il n’y en a pas ? Établissait-il un diagnostic sur les tensions entre ces élèves, le niveau de racisme, dont l’antisémitisme, sur la seule base de propos tenus par quelques élèves à la télévision ?

La question est importante. Dans l’extrait de son livre publié par l’Express, Bernard Ravet affirme que c’est à cause de ce reportage qu’il a refusé l’inscription d’un élève dont la famille venait d’Israël pour s’installer en France. Jugeant que son accent le mettait en danger dès que cet enfant aurait répondu à une question sur ses origines, le principal a alors fait tout ce qu’il pouvait pour que cet élève soit inscrit dans une école privée juive, afin de « protéger » l’enfant de l’antismétisme supposé régner au collège.

Si on découvre dans les toilettes d’un collège une inscritption injurieuse envers les personnes handicapées, doit-on refuser les élèves vivant avec un handicap pour les protéger et affirmer que tous les élèves sont handiphobes ou mettre en place les actions pédagogiques appropriées ? Si un élève tient des propos sexistes en cours, faut-il transférer les filles dans une autre classe et dire « tous les gaçons de cette classe sont sexistes », ou bien sanctionner l’élève, lui faire comprendre ses torts et animer par exemple un débat sur le sexisme ? Il est en tout cas étonnant de guider sa politique d’inscription sur l’origine et la religion d’un élève, et sur un constat sur son propre établissement fait à partir d’un simple reportage télé.

– A la question « L’enseignement dispensé est-il contesté », Bernard Ravet répond que « les professeurs de SVT ont des difficutés à aborder les théories évolutionnistes ». Or les « difficultés » ne sont pas de la « contestation ». Le livret de la laïcité, document insitutionnel, rappelle qu’il est de la responsabilité des professeur-es de savoir répondre aux questions suscitées par un objet d’étude, que ces questions soient de nature religieuse ou pas.

Bernard Ravet regrette par ailleurs que pour assurer les séances d’éducation sexuelle, les enseignant-es soient obligé-es de séparer leS filles et les garçons. Or cette pratique n’a rien de systématique, et ne relève pas d’une réponse au phénomène religieux, mais bien aux conséquences des inégalités filles-graçons, de la nécessité de libérer la parole sans être observées chez les filles. La non-mixité des interventionS est parfois pratiquée par le Planning Familial : Bernard Ravet va-t-il les accuser d’ « islamisme » ?

Le principal à la retraite déplore enfin les médecins complaisants qui accordent des certificats aux filles leur permettant de ne pas suivre les cours. Sans justifier, une fois de plus, en quoi cette pratique serait spécifique aux musulmanes, ou aux religions en général.

On ne défend pas la laïcité en accumulant approximations et erreurs sur les textes qui la régissent.

[Tribune initialement parue sur Mediapart le 15 septembre 2017]

Paul Guilibert, Anaïs Flores, Florine Leplâtre et Jérôme Martin sont membres du Cercle des enseignant-es laïques.

 

16 Nov 2016 - Laïcité, cantine et incurie politicienne

Comptes de campagne truqués, vente d’armes à un dictateur marquée du sceau de la corruption : les sujets graves, essentiels pour la démocratie, ne manquent pas quand on aborde la candidature de Nicolas Sarkozy aux primaires de la présidentielle. Pouvons-nous accepter qu’ils soient masqués par de faux débats sur la laïcité, aussi ridicules que celui de la double ration de frites à la cantine ?

 © By Sidg13 - Own work, CC BY-SA 3.0

© By Sidg13 – Own work, CC BY-SA 3.0

Faire des repas de substitution à la cantine un problème de l’école publique aujourd’hui, c’est très mal connaître les vraies difficultés auxquelles sont confrontées les écoles aujourd’hui.  La cantine est un lieu de sociabilisation et la seule occasion offerte à beaucoup d’enfants d’avoir un repas complet et équilibré – la proposition de doubler la ration de frite n’en paraît que plus déconnectée du réel.

La question des menus de substitution doit être prise en charge par des personnes compétentes et de bonne volonté. Est-ce trop demander à des élu-es de connaître le cadre juridique laïque et de l’appliquer avec bienveillance, dans un souci de vie en commun ? En la matière, le cadrage est souple, mais très clair. Il a été rappelé par deux documents institutionnels, Pédagogie de la laïcité, d’A. Bidar, pour le ministère de l’Éducation nationale, et le Livret de la laïcité réalisé par le même ministère et l’Observatoire de la laïcité. Les cantines d’une école laïque ne peuvent fournir de plats consacrés, mais rien n’empêche une collectivité de permettre à des enfants de respecter des interdits de nature religieuse grâce à des menus de substitution.

Le principal obstacle est la mauvaise volonté et l’instrumentalisation politicienne des débats. D’autres obstacles existent encore : la concentration des cuisines dans un unique site où sont préparés les repas pour plusieurs écoles (les « cuisines centrales »), et parfois éloigné des cantines, donc des réalités et des besoins locaux ; la baisse des dotations d’État aux collectivités territoriales, qui se traduit par une restriction des personnels. Une fois de plus, ces obstacles n’ont rien à voir avec une emprise religieuse, et tout à voir avec les conséquences des politiques publiques menées ces dernières années. Tout cela rend plus difficiles, mais pas impossibles, des solutions, qui peuvent passer par des menus végétariens ou la mise en place de commissions de repas scolaires rassemblant toutes les parties prenantes.

L’urgence, ce sont les dettes des familles, des enfants qui ne se rendent plus à la cantine parce que leurs parents ne peuvent plus payer et parce que, comme c’est le cas dans des mairies FN, et d’autres, les municipalités ne veulent plus les aider et empêchent ainsi les élèves d’accéder à la restauration scolaire.

Ces situations prouvent l’incapacité de nos dirigeant-es à compenser les effets des crises économiques et de l’aggravation de la situation des populations déjà précaires. L’urgence, ce sont donc des questions sociales, dont on attend qu’elles soient traitées par les politiques.

L’urgence, ce sont ces lobbys industriels, agro-alimentaires, qui exercent une emprise de plus en plus forte sur la restauration scolaire, via des campagnes d’éducation au goût ou à la nutrition, ou des partenariats sur les activités péri-scolaires. En débattre publiquement reviendrait à interroger les politiques menées par la droite comme par le PS qui ont vendu des pans entiers de l’Éducation nationale au secteur privé.

Nicolas Sarkozy se garde bien d’évoquer ces urgences et ne sait pas répondre à un enjeu aussi simple que celui des menus de substitution autrement que par des provocations ineptes. Cela montre simplement qu’il n’est pas apte à diriger un pays à un poste où seront exigées de lui des compétences bien plus grandes. Nous n’avons pas à accepter qu’il étale son incompétence sur la laïcité et son ignorance des urgences de l’école pour stigmatiser musulman-es et juif-ves et s’assurer aux dépens de ces populations une diversion politicienne aux questions réelles que pose sa candidature. La laïcité ne doit plus servir à masquer les incuries de nos responsables politiques.

Le Cercle des enseignant-es laïques (Anaïs Flores, Paul Guillibert, Caroline Izambert, Florine Lepâtre, Jérôme Martin) a co-écrit avec Jean Baubérot un Petit manuel pour laïcité apaisée (éditions La Découverte) qui consacre une section à la question des menus scolaires.

[Tribune initialement parue sur Mediapart le 16 novembre 2016]

31 Oct 2016 - Soutien à Jean Baubérot

Enseignant-es dans le 93, nous apportons tout notre soutien à Jean Baubérot, historien et sociologue avec qui nous avons rédigé un Petit manuel pour une laïcité apaisée et qui subit des attaques de la polémiste Caroline Fourest.

Méthodique, rigoureux, Jean Baubérot s’est, au cours de notre collaboration, ouvert à nos points de vue de professeur-es en zone d’éducation prioritaire.

De nombreux-ses polémistes s’auto-proclament spécialistes de la laïcité et contribuent par leur manque de travail et de connaissances de terrain, à entretenir une atmosphère de guerre civile dans la société. Ces polémistes dissimulent les vraies priorités de l’école, notamment dans les quartiers populaires : les conditions sociales catastrophiques dans lesquelles vivent nos élèves et leur famille, le manque de moyens, la disparition des services publics, les inégalités structurelles des moyens dévolus par l’État aux écoles en France.

Jean Baubérot a su reconnaître notre expérience de terrain. Grâce à lui, en confrontant nos connaissances et nos pratiques, nous avons pu produire un outil qui vise à prévenir les conflits que le religieux et la laïcité pourraient faire naître en classe, cadrer les débats sur ces questions en distinguant le cadre juridique de la laïcité, son histoire et les débats que cette notion peut susciter, et contribuer à ce que de faux débats sur la laïcité à l’école cessent, comme c’est le cas depuis vingt ans, de masquer les urgences qui devraient être au centre de l’attention de chacun-e.

Caroline Fourest fait partie de ces polémistes, qui, depuis 15 ans, laissent penser que les tenues que portent nos élèves sont des menaces bien plus graves que les inégalités de financement par l’État, que le non-remplacement chronique des profs, que la vétusté des locaux ou du matériel, que la diminution des moyens pour assurer des interventions de prévention du sexisme ou de l’homophobie, l’insuffisance des aides pour les élèves handicapé-es, etc.

Elle répand ses discours en enchainant erreurs, approximations et demi-vérité, insinuations et attaques personnelles. Nous apprenons à nos élèves à débattre et exprimer des conflits en respectant leurs interlocuteur-rices, en évitant la mauvaise foi et les invectives. Faut-il leur tenir un autre discours, et leur expliquer qu’en utilisant de telles méthodes, en rabaissant sans cesse le débat d’idées, ils et elles passeront à la télévision comme Caroline Fourest ?

Dans son dernier billet de blog, elle reproche à Jean Bauberot de refuser tout débat avec elle. La polémiste doit descendre de sa tour d’ivoire : personne ne lui doit rien, et personne n’a à se justifier de quoi que ce soit auprès d’elle. Débattre avec Caroline Fourest quand Caroline Fourest l’exige n’est pas un devoir républicain, et aucune personne ne devrait avoir à lui présenter un mot d’excuse.

Mais si elle ne comprend pas pourquoi tant de spécialistes rigoureux-ses refusent de débattre avec elle, qu’elle en prenne enfin conscience : dans l’état actuel de ses méthodes, on ne peut pas débattre avec Caroline Fourest, on ne peut que corriger ses erreurs, et c’est épuisant.

Nous renouvelons notre soutien à Jean Baubérot.

apaisée

Anaïs Flores, Paul Guillibert, Caroline Izambert, Florine Lepâtre et Jérôme Martin sont membres du Cercle des enseignant-es laïques et ont co-rédigé avec Jean Baubérot un Petit manuel pour une laïcité apaisée paru aux éditions La Découverte.

[Tribune initialement parue sur Médiapart le 31 octobre 2016]