Lucy et l’obscurantisme, P. Picq, 2007

Couverture du livre

Professeur de paléoanthropologie et de préhistoire au Collège de France, Pascal Picq propose une analyse documentée des mouvances créationnistes (« Intelligent Design », par exemple) et de leurs attaques sur l’école. Il ne se limite pas aux États-Unis, mais présente un état des lieux de la situation en Europe et en France. Fournissant avec rigueur et pédagogie les ressources épistémologiques pour démasquer la supercherie des créationnistes, il esquisse par ailleurs une réflexion sur les pratiques de classe. Son livre s’ouvre sur des récits d’expériences d’interventions en classe, « de Mantes-la-Jolie à Montréal ». Face à des lycéen-nes décrit-e-s par leur enseignante comme hostile à l’évolution, P.Picq est convaincu qu’il ne pouvait « pas ouvrir cette rencontre en opposant brutalement mon savoir de scientifique à leurs convictions, comme si j’avais moi-même affirmé une ‘foi’ face à la leur. » Il a donc « choisi de débuter en exposant les différentes façons dont les hommes […] ont interrogé le monde et se sont situés par rapport à lui au cours de l’Histoire ainsi que de nos jours. » « Puis, indique-t-il, j’ai présenté la démarche scientifique dans ce qu’elle a de particulier à cet égard. Et c’est seulement ensuite que j’en suis venu à nos connaissances sur les origines et l’évolution de l’Homme ». L’ouvrage invite donc à ne pas confondre le nécessaire combat contre le créationisme dans l’espace public et nos pratiques de classe. P. Picq montre que la connaissance et la diffusion de l’histoire des sciences et des réflexions épistémologiques est indispensable, y compris parmi ses pair-es.

Références :

Pascal Picq, Lucy et l’obscurantisme, Odile Jacob, 2007

Etude sur les frontières du service public, Conseil d’État, 2013

Couverure de l'étude

Etude du Conseil d’Etat, décembre 2013À la demande du Défenseur des droits, le Conseil d’État a rendu une étude adoptée par son Assemblée générale le 19 décembre 2013. La saisine portait sur les questions relatives à la liberté de l’expression religieuse, notamment sur la question des statuts de « participation au service public » ou de « collaborateur occasionnel du service public ». Les personnes qui relèveraient de ces statuts sont-elles soumises au même devoir de neutralité religieuse que les fonctionnaires ? À l’école, la question concerne notamment les parents accompagnant des sorties scolaires ou des intervenant-es extérieur-es.

Le document est clair sur ce sujet : « Entre l’agent et l’usager, la loi et la jurisprudence n’ont pas identifié de troisième catégorie de ‘collaborateurs’ ou ‘participants’, qui serait soumise en tant que telle à l’exigence de neutralité religieuse. » De même, les usagers du service public ou les tiers à ce service ne peuvent être soumis à des restrictions à la liberté de manifester des opinions religieuses que par des textes textes particuliers (la loi de 2004, citée en exemple, ne s’applique pas aux parents), ou des considérations liées à l’ordre public ou au fonctionnement de service.

Au-delà de cette analyse particulière, le document apporte une vision de la complexité du droit sur toutes les frontières du service public. Cette complexité mériterait d’être mesurée pour être débattue posément.

Référence

Étude demandée par le Défenseur des droits le 20 septembre 2013, Conseil d’État

Où trouver l’étude ? :

Le document est disponible sur le site de l’Observatoire de la laïcité.

 

« Enseigner l’évolution en France », INRP, 2008

Première page de la note

Résumer en vingt pages denses mais claires les enjeux de l’enseignement de l’évolution en France, des attaques des mouvances créationnistes, des représentations des élèves, notamment religieuses des élèves, c’est le pari réussi de cette note du service de veille scientifique et technologique de l’INRP (Institut National de Recherche Pédagogique, dont le nom a depuis changé). Même si certaines informations doivent être mises à jour – notamment sur les programmes d’enseignement ou les recommandations officielles sur la distinction entre croire et savoir – cette note est un outil indispensable qui décrit et classifie les créationnismes, fait l’état des lieux des savoirs sur tous les aspects de l’enseignement de l’évolution. C’est une base de données très riche. Même si les liens sont pour beaucoup morts, les ressources citées sont facilement retrouvables par un moteur de recherche.

Référence :

INRP, « Enseigner l’actualité », Dossier d’actualité n°38, Octobre 2008

Où la trouver ?

La note est accessible à ce lien.

« L’enseignement de la biologie et le créationnisme », France Culture, 2008

 

 

Diffusé en mai 2008, ce débat organisé par l’émission scientifique de France Culture confronte les points de vue d’enseignant-es de SVT (sciences de la vie et de la terre), d’une inspectrice générale de la discipline, d’un universitaire et d’une journaliste scientifique. Si la condamnation du créationnisme est unanime, les points de vue sont plus partagés sur les enjeux épistémologiques ou didactiques, par exemple l’évolution des programmes officiels d’enseignement. L’écoute du débat permet ainsi de parcourir divers arguments et thèmes liés au débat. Il est cependant dommage que les invité-es réduisent de simples questions d’élèves à leur enseignante à un « retour du religieux » et les placent au même niveau que les offensives créationnistes, au lieu de montrer par quels réflexes professionnels ces interventions légitimes doivent être traités pour permettre la distinction du savoir et des croyances.

Référence :

« L’enseignement de la biologie est-il sensible au créationnisme ? », Science Publique, France Culture, 16 mai 2008

Où écouter l’émission ?

Vous pouvez l’entendre à ce lien.

« Enseignement éthique, enseignement du fait religieux, enseignement religieux », Sénat, 2015

Couverture du rapport

Cette étude de législation comparée sur les modalités d’enseignement éthique et d’enseignement religieux ou du fait religieux fait une synthèse des différences entre l’état du droit en France et à l’étranger, à partir de monographies (Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède).

Référence :

Direction de l’initiative parlementaire et des délégations, « Enseignement éthique, enseignement du fait religieux, enseignement religieux », Série législation comparée, n° 256, juin 2015

Où trouver le document ?

Accessible sur le site du Sénat, le document est disponible à ce lien en format PDF et à cette page en format HTML.

 

« Laïcité, laïcités », collectif, 2014

Couverture de l'ouvrage

Les auteur.e.s font un bilan comparatif de la laïcité et de la place du religieux dans l’espace public dans différentes aires géographiques, notamment à travers les cadres législatifs, les différents rapports entre pouvoir politique et liberté de conscience. Comme le disent les auteur-rices dans l’introduction,  » il s’agit de pouvoir mener une approche de la laïcité et des laïcités selon les critères propres de pertinence des sciences humaines et sociales. Il s’agit de s’affranchir, autant que faire se peut, des diktats de la disputatio politico-médiatique, de réfléchir librement autour de l’objet d’études « laïcité ». »

Référence :

Jean Baubérot, Micheline Milot et Philippe Portier (dir), Laïcité, laïcités. Reconfigurations et nouveaux défis (Afrique, Amériques, Europe, Japon, Pays arabes), Éditions de la Maison des sciences de l’homme, Paris, 2014.

Où lire des extraits ?

L’introduction de l’ouvrage est disponible à ce lien.

« Le foulard islamique en question », Ch. Nordmann, 2004

 

Couverture de l'ouvrage

Ce recueil comprend de nombreuses interventions (notamment d’Étienne Balibar, Pierre Bourdieu, Nacira Guénif-Souilamas, Nilüfer Göle, Todd Shepard, Pierre Tevanian…). Il se présente comme une mise au point interdisciplinaire des polémiques sur le foulard islamique de 1989 à 2004. On peut lire un compte-rendu détaillé de l’ouvrage dans le numéro 25 de la revue Nouvelles Questions Féministes (voir à ce lien).

Référence :

Charlotte Nordmann (dir.), Le Foulard islamique en question, Amsterdam, Paris, 2004.

« L’Église et l’État en France. 1905 : La crise de la Séparation », M. Larkin, 2004

Couverture de l'ouvrage

 

L’historien américain spécialiste de l’histoire française fait un retour utile sur la loi de 1905 en s’appuyant notamment sur des archives inédites, et dans un style très dynamique.

Référence :

Maurice Larkin, L’Église et l’État en France. 1905, la crise de la séparation, Privat, Toulouse, 2004.

« Les sept laïcité françaises », J. Baubérot, 2015

Couverture de l'ouvrage

L’auteur propose une vision pluraliste et dynamique des laïcités en France. Selon lui, « il n’existe pas de « modèle français » unique de laïcité mais des visions divergentes qui s’affrontent dans un rapport de forces toujours évolutif. Ainsi le contenu de la loi de 1905 a représenté un enjeu entre quatre conceptions différentes de la laïcité. Celles-ci ont subsisté en s’adaptant, alors que trois « nouvelles laïcités » sont apparues. Ces sept laïcités, l’auteur nous les décrit en les qualifiant de : laïcité antireligieuse, laïcité gallicane, laïcité séparatiste stricte, laïcité séparatiste inclusive, laïcité ouverte, laïcité identitaire et laïcité concordataire. Une partie finale rend compte des mutations de la laïcité depuis la fin du XIXe siècle et effectue des hypothèses sur son devenir. »

Référence

Jean Baubérot, Les Sept Laïcités françaises. Le modèle français de laïcité n’existe pas, Maison des sciences de l’homme, Paris, 2015.

 

« La séparation des Églises et de l’État », JM Gaillard, 2004

 

Couverture de l'ouvrage

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Cette anthologie de textes fondateurs autour de la loi de 1905 est très utile pour préparer des cours.

Référence :

Jean-Michel Gaillard (dir), 1905, La Séparation des Églises et de l’État, Tempus, Paris, 2004.

 

« Pédagogie de la laïcité », A. Bidar, 2012

Couverture du document

Ce document institutionnel du Ministère, rédigé sous l’autorité du Haut Conseil à l’intégration, est à prendre avec précaution tant il insiste sur une vision restreinte de la laïcité et se refuse à mettre en place une lecture pluraliste et contradictoire de la notion. Concernant par exemple la section consacrée au Centre de documentation et d’information (CDI) des établissements, l’auteur se focalise sur le rôle de sélection des sources, certes indispensable, mais passe sous silence la nécessité d’éduquer à l’esprit critique. Le document reste néanmoins utile pour certaines situations comme les questions liées à la cantine et comme synthèse de ressources existantes.

Références

Abdennour Bidar (Mission pédagogie de la laïcité au ministère de l’Éducation nationale), Pour une pédagogie de la laïcité à l’école, Paris, La Documentation française, 2012.

Où le trouver ?

Le document est disponible à ce lien.