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Manuel Valls

Actualite :
12 Oct 2016 - Genre et laïcité: la responsabilité du gouvernement

En refusant de défendre le genre face aux lobbys religieux réactionnaires, le gouvernement s’est rendu responsable d’une triple défaite : de la laïcité, de la science et des luttes contre le sexisme et l’homophobie.

 

Imaginons. Juin 2014 : le gouvernement socialiste annonce le retrait des établissements scolaires de tous les manuels de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT). Ils sont remplacés à la rentrée suivante par des livres ne mentionnant plus l’évolution. Septembre 2016 : le pape s’offusque publiquement des manuels de SVT en France qui parleraient trop d’évolution, déformant les pensées des enfants. La ministre de l’Éducation nationale lui répond qu’il est mal conseillé et que l’évolution n’apparait pas dans les manuels français.

Impossible ?

Ce qui semblerait inimaginable pour les sciences naturelles s’est pourtant produit pour les sciences sociales : le gouvernement socialiste a bien fait retirer les ABCD de l’égalité, ces outils de prévention du sexisme et de l’homophobie fondés sur les études scientifiques sur le genre, en juin 2014 ; et cette semaine, la ministre de l’Éducation nationale a bel et bien donné des garanties au pape que le genre n’était pas mentionné dans nos manuels scolaires.

Le genre, que la ministre et son gouvernement ont refusé de défendre face aux attaques de lobbys religieux réactionnaires, est un concept validé des sciences sociales. Les études sur le genre mettent à jour les processus inégalitaires qui sont à l’œuvre derrière la définition des sexes. Les résultats de ces recherches scientifiques sont donc indispensables pour lutter contre le sexisme, l’homophobie ou la transphobie.

En retirant les ABCD, en censurant le mot « genre » des documents institutionnels et des intitulés de formation, le gouvernement s’est rendu responsable d’une triple défaite : défaite de la laïcité, puisqu’il a laissé un lobby religieux réactionnaire dicter les contenus d’enseignement et les outils pédagogiques utilisés au sein de l’Éducation nationale ; défaite de la science et victoire de l’obscurantisme, puisqu’il a discrédité un concept scientifique ; défaite des droits des femmes et des personnes lesbiennes, gaies, bi et trans, puisqu’il prive l’école et la société d’outils nouveaux, destinés à combattre les préjugés et les violences contre les femmes et les minorités sexuelles.

[Tribune initialement parue sur Médiapart le 12 octobre 2016]

 

Actualite :
8 Sep 2016 - Petits rappels sur la laïcité et le droit des femmes à l’attention de Manuel Valls

Dans son communiqué du 26 août commentant l’ordonnance du Conseil d’État ou sa tribune du 5 septembre répondant à un article du New York Times, c’est au nom du droit des femmes et de la laïcité que Manuel Valls justifie son combat contre certains habits portés par des musulmanes sur les plages. Ces principes n’ont pourtant pas toujours été sa priorité.

C’est ainsi qu’il a transgressé la loi de 1905 en annonçant en avril 2014, depuis le Vatican, en véritable porte-parole du pape, que la France n’ouvrirait pas la Procréation Médicalement Assistée aux couples de femmes, balayant ainsi une revendication des associations féministes et LGBT. C’est ainsi que son gouvernement a, quelques semaines plus tard, sous la pression de groupes catholiques réactionnaires et de quelques familles musulmanes, abandonné les ABCD de l’égalité, ces outils de prévention du sexisme et de l’homophobie, fondés sur le concept scientifique du genre. Sous son mandat, la politique française concernant les droits des femmes et l’éducation a donc été directement dictée par la hiérarchie et des groupes catholiques réactionnaires. Il s’agit, en fait, des pires atteintes faites à la laïcité, et une entrave au combat pour l’égalité hommes-femmes.

Ainsi, à suivre la politique du Premier Ministre, les droits des femmes, la prévention du sexisme ou de l’homophobie et la laïcité pourraient être sacrifiés pour satisfaire des groupes constitués et puissants de catholiques réactionnaires ; mais ces mêmes principes pourraient justifierqu’on empêche quelques femmes musulmanes de se baigner. Il y a là un choix paradoxal de priorités que Manuel Valls n’explique pas, lui qui écrit pourtant ne pas accepter « ceux qui utilisent l’argument de la laïcité pour pointer du doigt les Français musulmans ». « Assumons le débat », enjoint-il dans le titre de son communiqué du 26 août. Assumer ce débat implique que le Premier ministre s’explique sur les variations de son intransigeance à l’égard de la laïcité et des droits des femmes.

Du reste, de quel débat parle le Premier ministre ? Lorsqu’on refuse d’écouter les premier-es concerné-es, qu’on les disqualifie avec des termes vagues, qu’on ne définit pas, créée-t-on les conditions d’un débat ? Quand au sujet même du « débat », le « burkini », il est lui-même biaisé : des femmes verbalisées ces derniers jours ne portaient pas de tenue de cette marque, mais bien de simples vêtements amples, utilisés par d’autres personnes sans que cela ne pose le moindre souci, et un voile qui dissimulait leurs cheveux. C’est donc bien le voile qui est visé. Assumer le débat implique de le poser dans des termes clairs. Correctement formulé, le débat est le suivant : « est-il laïque et féministe d’empêcher des femmes de porter le voile sur la plage ? ».

Tout ici rappelle la décennie qui a précédé la loi de 2004 interdisant le port du signe religieux « ostentatoire » à l’école : des jeunes femmes portant le voile pointées du doigt, des décisions administratives prises par les établissements scolaires les excluant malgré la jurisprudence constante du Conseil d’État qui annulait les exclusions prononcées au seul motif du port du voile, des réactions indignées contre le Conseil d’État, contre les familles et leurs soutiens, accusés de faire le jeu de l’ « islamisme » et de contribuer à une guerre civile, alors qu’ils ne faisaient que défendre leurs droits.

Plus de 10 ans de ce type de « débat » et de matraquage stigmatisant les musulman-es ont contribué à ce que l’ensemble des forces politiques et une large part de la société jugent nécessaire une évolution du cadre laïque. Avec la loi de 2004, le devoir de neutralité qui s’imposait aux locaux et au personnel concerne maintenant les élèves. Cette « nouvelle laïcité » pour reprendre le nom du rapport rendu par François Barouin à Jacques Chirac, et à laquelle s’est ralliée la majorité des parlementaires socialistes qui ont approuvé la loi de 2004, s’opposait aux principes mêmes défendus par Ferry, Briand ou Jaurès. Le texte était censé défendre les droits des femmes et remettre l’islam à sa place, objectifs que vise aussi Manuel Valls.

Qu’y avons-nous gagné ? Et qu’espère gagner l’actuel Premier Ministre, en poursuivant sa croisade, alors même que le Conseil d’État a indiqué qu’elle remettait gravement en cause les libertés fondamentales ?

En matière de droit des femmes, comment peut-on encore croire qu’exclure des jeunes femmes de l’école, hier pour un voile, aujourd’hui pour un bandeau ou une jupe, les émancipera de l’influence patriarcale qu’on se plait à présenter comme l’origine unique de leur tenue ? Qui peut encore refuser la parole des premières concernées quand elles expliquent pourquoi elles s’habillent, ce qui revient à demander à des personnes de se taire pour prouver leur émancipation ? De même, qui peut sérieusement demander à des femmes de ne pas rester sur une plage dans la tenue qu’elles veulent ou peuvent porter dans ce lieu ? Qui peut sérieusement défendre l’idée que les priver de baignade va les libérer ?

En matière de laïcité, hier en 2004 comme aujourd’hui, comment ne pas voir que le traitement spécifique réservé à l’islam et aux musulman-es est un traitement stigmatisant, et par là-même anti-laïque ? À ce titre, le communiqué de Manuel Valls, doit être lu comme complémentaire des positions des maires LR, non comme en opposition.

En matière de vivre-ensemble, enfin, comment des mesures d’exclusion, de l’école ou des plages, pourraient-elles l’assurer ? Manuel Valls, comme beaucoup d’autres, distingue les musulmans des « islamistes politiques ». Or, il ne définit pas cette expression. Peut donc être défini comme « islamistes » tous et toutes les musulmans qui ne rentreraient pas dans ses critères, critères qu’il refuse de définir et de débattre. Cette distinction ne trompe pas : c’est potentiellement toute une population qui est visée par les propos du Premier ministre.

La rentrée scolaire devrait faire oublier, pour celles et ceux qui ne l’ont pas subie en tout cas, la violence qui s’est déchaînée sur les plages tout au long de l’été. Mais tout laisse penser qu’elle se déplacera à nouveau, à l’école, à l’université alors que les cours vont reprendre.

Il est temps d’en finir avec cet usage guerrier et dévoyé de la laïcité, qui ne fait que dissimuler ignorance, peur et haine des musulman-es. Et qui, par ailleurs, dissimule ce qui met à mal notre société, à commencer par l’école : l’aggravation des problèmes sociaux, l’abandon par l’État des quartiers populaires, les inégalités sociales, raciales ou encore de genre. Ces mêmes inégalités de genre que Manuel Valls a refusé de combattre à l’école en abandonnant les ABCD de l’égalité et en trahissant la laïcité.

 

Actualite :
13 Avr 2016 - Valls ne voilera pas son bilan catastrophique

Tout à sa « bataille culturelle et identitaire », plus importante selon lui que l’économie et le chômage, Manuel Valls estime prioritaire l’interdiction du voile à l’université.

 

Au même moment, à l’université Paris VIII, à Saint-Denis, des étudiant-es, dont des jeunes femmes voilées, se mobilisent contre la loi Macron, énième transgression des promesses électorales du PS et menace sur le droit du travail.

Au même moment, des enseignant-es et des parents d’élèves, dont des mères voilées, occupent des écoles primaires et maternelles de Saint-Denis et d’autres villes du 93 pour dénoncer les inégalités de moyens et l’abandon total par l’Etat de leurs enfants, dont la scolarité est sacrifiée.

Au même moment, des militant-es antiracistes, dont des femmes voilées, soutiennent des victimes d’agression islamophobe – à commencer avant tout par les femmes.

Au même moment, toujours à Saint-Denis, des femmes voilées attendent avec leurs enfants des heures et des heures aux urgences de l’hôpital.

Chômage en hausse continue, démantèlement de l’Éducation nationale, des services hospitaliers, du système de santé, augmentation des crimes racistes, antisémites, islamophobes, sexistes et homophobes, soutien à l’évasion fiscale, qui prive la solidarité nationale de ressources essentielles, politiques d’austérités, trahison de l’ensemble des promesses électorales de 2012 : telle est une partie de l’accablant bilan de Manuel Valls et du PS.

Le premier ministre ne désamorcera pas les colères que sa politique engendre avec un nouveau débat sur une laïcité falsifiée. Il n’a aucune leçon de laïcité à donner, lui qui est responsable de la pire atteinte à ce principe. En mars 2004, il a en effet annoncé que la Procréation Médicalement Assistée ne serait pas ouverte aux couples de femmes… depuis le Vatican. Au mépris de la loi de 1905, Valls s’est donc laissé dicter les droits des LGBT par le Pape. Qui peut encore lui accorder le moindre crédit en matière de politique laïque ? En matière de politique tout court ?

[Tribune du Collectif enseignant pour l’abrogation de la loi de 2004 initialement parue sur Mediapart le 13 avril 2016]

Actualite :
5 Avr 2016 - Islam, voile : Elisabeth Badinter sème la division. Elle complique notre rôle d’enseignant-e.

Élisabeth Badinter soutient la ministre Laurence Rossignol. Dans un entretien au « Monde » daté du 2 avril, la philosophe a pris la défense de la ministre socialiste, auteure d’un parallèle entre le voile islamique porté par les femmes et l’esclavage. Elle a appelé par ailleurs au boycott des marques qui se lanceraient dans la « mode islamique ». Des enseignant-es de Seine-Saint-Denis lui répondent.

Élisabeth Badinter a la comparaison historique facile. Le mot « nègre » mis de côté, elle valide aujourd’hui le rapprochement fait par la ministre Laurence Rossignol entre les femmes qui choisissent de porter le voile et des esclaves prétendument consentant-es.

Déjà en 1989, lors de la première « affaire du foulard islamique » à Creil, quand le ministre de l’Éducation Lionel Jospin demandait au Conseil d’État un avis juridique sur l’exclusion de collégiennes voilées, Élisabeth Badinter hurlait avec d’autres à la lâcheté politique en parlant de « Munich de la République » [1].

De tels propos compliquent notre rôle

L’allusion aux Accords de Munich revenait à comparer ces adolescentes et leur famille à des nazis prêts à envahir l’Europe.

Nazies ou complices consentantes d’un crime de masse raciste : voici la représentation que depuis 30 ans, des « philosophes » et des responsables politiques donnent des femmes voilées qui refusent l’invisibilité publique.

Ces personnalités insultent au passage la mémoire des victimes de deux crimes contre l’humanité et en relativisent la gravité. Par de telles outrances, prononcées publiquement, elles compliquent notre rôle quand nous abordons l’esclavage et le nazisme avec nos élèves, dans les cours d’histoire, de littérature, de philosophie, d’éducation civique, de langues, d’histoire des arts.

Nous abordons ces questions dans leur complexité : la recherche des causes et le respect des victimes, la singularité de chaque événement et leur inscription dans une histoire longue, le regard souvent distancié qu’impose la recherche historique et le jugement moral, politique, que les témoins, ou la postérité, ont imposé.

Elle fait preuve d’une étonnante légèreté

Parmi les questions les plus délicates, la question du sens à donner aujourd’hui à de tels crimes et des interprétations différentes est sans doute la plus complexe.

Cette complexité vole en éclats sous le coup des outrances d’Élisabeth Badinter et de ses paires : le nazisme et l’esclavage ne sont plus que des prétextes à disqualifier la parole de personnes avec qui on est en désaccord.

Doit-on indiquer ici que nous prévenons nos élèves contre la violence de tels procédés quand ils et elles en abusent en classe ? Doit-on signaler que la légèreté avec laquelle la polémiste ou la ministre recourent à ces crimes pour disqualifier la parole de personnes déjà minorées socialement nous met en colère ?

Élisabeth Badinter n’est pas une enseignante de Seine-Saint-Denis. De nous, de l’Éducation nationale, elle dit qu’elle s’est « affaissée ». Elle fait partie d’une « élite républicaine » qui elle n’est pas affaissée. Voyons donc la différence entre l’élite et l’affaissement que nous sommes à ses yeux.

Une actionnaire de l’agence Publicis

Là où nous apprenons à nos élèves l’exigence légitime à apporter une justification à des assertions, elle assène, sans preuve aucune, que le port du voile, de plus en plus visible en France, serait le signe exclusif d’une empreinte croissante des islamistes / intégristes / djihadistes / salafistes.

Pourtant : entretiens avec des femmes voilées, études sociologiques, témoignages, tout montre la diversité des raisons qui amènent des femmes à porter le voile. Que la contrainte en fasse partie est indéniable, qu’elle ne soit pas la seule aussi. Contrairement à des élèves, une élite républicaine n’a pas à se justifier de propos qui versent dans la généralisation abusive, même les plus incongrus. Ce serait s’affaisser.

Là où nous apprenons à nos élèves que les actes doivent suivre les paroles, nous constatons qu’Élisabeth Badinter, toute à ses leçons de féminisme, continue d’être l’actionnaire principale de Publicis. Or, comme l’avait déjà signalé une journaliste de Rue89 le 11 février 2010, ou comme le montrait « Arrêt sur images » le 13 février 2010, cette agence publicitaire relaie parfois des messages sexistes.

Comble de l’ironie, « Challenge » informe que l’agence vient de signer un contrat avec l’Arabie Saoudite pour redorer l’image du régime auprès de la France. Nous avons hâte de voir ce que Publicis proposera sur les droit des femmes, et la part de bénéfices que Badinter touchera sur ce contrat. L’élite républicaine ne saurait être hypocrite, ce serait s’affaisser.

Une application des lois à géométrie variable

Là où nous apprenons à nos élèves à analyser rigoureusement des propos avec lesquels ils et elles sont en désaccord, Élisabeth Badinter oppose le mensonge à celles et ceux qui font valoir son islamophobie.

Selon elle en effet, seraient injustement accusées d’islamophobie les personnes qui auraient le courage, comme elle, de dire : « Nous voulons que les lois de la République s’appliquent à tous et d’abord à toutes ».

Mais si Élisabeth Badinter est accusée d’islamophobie, ce n’est pas parce qu’elle voudrait faire appliquer les lois à tout le monde ; c’est précisément parce qu’elle refuse le bénéfice de certaines lois, et de certains principes constitutionnels, à toute une partie de la population, en raison de leur religion réelle ou supposée.

Car qui refuse aux femmes voilées l’application de l’article 1 de la loi de 1905 (« La République assure la liberté de conscience ») ? Qui ne cesse de stigmatiser et réduire au silence les musulman-es au mépris de la Constitution (« Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ») et du principe de liberté d’expression ?

Mais une élite républicaine n’a pas à se justifier sur son rapport, disons, saugrenu, à la réalité historique et juridique. Ce serait s’affaisser.

La recherche d’un bouc émissaire

S’affaisser ? Selon Elisabeth Badinter, « l’Éducation nationale s’est affaissée, sous le coup des idéologues qui, là encore et toujours au nom de la différence culturelle et de la tolérance, ont enfermé ces jeunes dans leur ghetto ». Ce serait donc au nom de la « tolérance » que les inégalités de territoires, notamment en matière scolaire, existeraient.

Les inégalités entretenues par l’État, notamment en matière d’investissement, de subventions, de moyens humains, pourtant largement décrites par les syndicats enseignants, la Cour des comptes ou le Défenseur des droits ne compteraient pour rien.

Et le racisme, comme le sexisme, qui structurent l’institution en matière de d’orientation ne compteraient pour rien. Seul-es les antiracistes sont responsables.

On comprend pourquoi Manuel Valls a soutenu cette interview d’Élisabeth Badinter. Là où toutes les preuves condamnent les politiques économiques et sociales des quinze dernières années, qui ont considérablement augmenté les inégalités de territoire au sein de l’Éducation nationale, la polémiste, elle, tient des « idéologues » antiracistes pour seul-es responsables de cette situation.

C’est bien là le rôle de « l’élite républicaine » : servir de caution à l’État, semer la division au sein des citoyen-nes, trouver un bouc émissaire aux catastrophes sociales provoquées par des décennies de politiques inégalitaires, perpétuer une politique raciste et sexiste au sein de l’Éducation nationale en pervertissant les luttes féministes et antiracistes.

>> Anaïs Flores, Paul Guillibert, Caroline Izambert, Florine Leplâtre et Jérôme Martin sont enseignantEs, membres du CEAL (Collectif enseignant pour l’abrogation de la loi de 2004)

Tribune initialement parue sur le Plus de l’Obs le 5 avril 2016.

Actualite :
25 Jan 2016 - Valls et la laïcité : assez d’hypocrisie

Les pires atteintes à la laïcité de ces dernières années ont été le fait de Manuel Valls et de son gouvernement.

 

Le dimanche 27 avril 2014, par exemple, alors qu’il venait juste d’être nommé premier ministre, il annonçait, depuis le Vatican, qu’il n’honorerait pas la promesse de François Hollande d’ouvrir la PMA aux couples de femmes, honorant ainsi une demande du pape et des manifestants catholiques intégristes. Quelques mois plus tard, son gouvernement cédait une fois de plus au lobby religieux en retirant le projet des ABCD de l’égalité, outil de lutte contre les inégalités fondé sur la notion scientifique de genre.

Manuel Valls n’a donc aucune légitimité à distribuer des bons ou des mauvais points en laïcité.

Nous rappelons que le débat pluraliste est un droit fondamental de la démocratie, que la laïcité fait l’objet de discussions et que les représentant-es de l’observatoire de la laïcité se sont contenté-es d’un recadrage juridique et historique des propos d’ Elisabeth Badinter.

Les propos de Manuel Valls lors du dîner du CRIF, le lundi 28 janvier, sont anti-démocratiques et anti-laïques.

Une pétition de soutien à Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène a été lancée à l’initiative de la Ligue de l’enseignement. Vous pouvez la signer ici.

 

[Tribune du Collectif Enseignant pour l’abrogation de la loi de 2004, initalement parue sur Mediapart le 25 janvier 2016 : Grégory Bekhtari, Anaïs Flores, Paul Guillibert, Caroline Izambert, Florine Leplâtre, Jérôme Martin]